Écouter avant de voir
Dernière mise à jour : 22 sept.

Simon, compositeur et créateur du groupe, m'a envoyé la musique de .ressac. avant que nous nous rencontrions. La consigne était simple : écouter. Comprendre ce qu'ils font avant de décider comment les photographier.
C'était la première fois que je prenais vraiment le temps d'écouter de la musique instrumentale. Pas de voix, pas d'accroche immédiate. Déroutant, au début. J'ai essayé de séparer les instruments, de décomposer, de trouver un fil conducteur par la technique. Ça n'allait nulle part.
Alors j'ai fermé les yeux et j'ai laissé porter.
Les nappes sonores. L'irrégularité des riffs. La lenteur de certains passages. Rien à quoi s'accrocher vraiment, comme un rêve ou un voyage hors du corps. .ressac. mélange rock, ambient et jazz en quelque chose d'atmosphérique et d'expansif. Une musique qui vous sort de votre tête sans vous demander la permission.
Et là, l'idée est venue.

L'invisible au-dessus de nous
Si cette musique fait sortir de sa tête, il fallait montrer ce vide qu'elle crée au-dessus de nous. L'envol. L'aérien des pensées. Ce que l'on ne voit pas mais que l'on ressent.
Le shooting s'est fait en extérieur. J'ai commencé par des poses de groupe classiques, celles qu'on voit sur les pochettes et dans les press kits des groupes de rock. Un point de départ. Puis, progressivement, j'ai repensé à la musique.

J'ai demandé aux quatre musiciens de parler entre eux de musique, de leurs compositions, de ce qu'ils entendaient dans leurs propres morceaux. J'ai essayé de capturer les idées qui s'envolaient de leurs échanges, même si elles étaient invisibles. La façon dont une conversation créative entre musiciens occupe l'espace. Ce qui se passe entre les corps quand les mots sont remplacés par des notes.
Un aller-retour créatif avec Simon
Simon avait une idée précise en tête. Pas une vague direction, une image mentale construite. Le travail d'éditing qui a suivi le shooting a été un dialogue : se rapprocher de ce qu'il voyait en musique et de ce que je voyais en images, jusqu'à ce que les deux s'accordent.

C'était formateur. Et exigeant. Ces échanges m'ont confirmé quelque chose que j'applique désormais systématiquement dans mon accompagnement portrait : le travail en amont, avant le premier déclencheur, n'est pas une option. C'est ce qui fait la différence entre capturer une idée et tenter de la deviner après coup.
Ce projet avec .ressac. a rendu cela concret d'une façon que je n'avais pas encore vécue aussi clairement.
La nuit de la sortie de l'EP
La semaine dernière, le groupe a sorti son premier EP. Pour l'occasion, je les ai rejoints au bar "Les Fleurs du Malt" de Nantes.
C'était comme retrouver un ami qui avait grandi.
Le groupe était stressé, mais d'une façon particulière : pas d'anxiété, de l'impatience. L'envie de savoir ce que la salle allait recevoir. Et quand ils ont commencé à jouer, tout le reste a disparu.
Quatre musiciens en train d'échanger dans le monde invisible du songe. Ils parlaient par la musique, par des regards, par des accords. Le public captivé, en suspens, recevait des mois de travail, de temps consacré, de passion injectée dans chaque mesure. Ce lien créé entre quatre jeunes hommes qui nous livraient ce qui les faisait vibrer.
À plusieurs moments, j'ai décollé le boîtier de mon œil. Pour juste écouter. Captivé.
Ces soirs-là, photographier n'est plus une technique. C'est une façon d'être présent.
C'est exactement ce que je cherche dans chaque projet de reportage métier ou de portrait à Nantes : comprendre ce qui anime les gens avant de chercher à le montrer. Avec .ressac., cette conviction s'est vérifiée par la musique.
L'importance de la connexion humaine
Dans chaque projet, je ressens le besoin de créer une connexion. Une connexion authentique. C'est ce qui rend chaque image vivante. Quand je photographie, je ne me contente pas de capturer des visages. Je cherche à immortaliser des émotions, des histoires.
Chaque sourire, chaque regard, chaque geste a son importance. Ils racontent une histoire. C'est ce que j'ai ressenti lors de cette soirée avec .ressac. La musique a créé un espace où chacun pouvait être lui-même.
Je me souviens de ces moments où les musiciens échangeaient des idées. C'était comme si le temps s'arrêtait. La magie opérait. Ils étaient là, ensemble, créant quelque chose de plus grand qu'eux.
Créer des images qui racontent une histoire
Mon objectif est de créer des images qui racontent une histoire. Une histoire qui résonne avec ceux qui la regardent. Je veux que chaque photo soit un reflet de l'âme de ceux que je photographie.
Chaque projet est une nouvelle aventure. Une exploration. Je m'immerge dans l'univers de mes sujets. J'écoute, j'observe, je ressens. C'est ce qui me permet de capturer l'essence même de leur identité.
Avec .ressac., j'ai pu explorer cette dimension. La musique a servi de fil conducteur. Elle a guidé mes choix. Chaque image est le résultat de cette exploration. Une exploration qui va au-delà de la simple technique photographique.
L'avenir de la photographie
La photographie évolue sans cesse. Les attentes changent. Mais une chose reste constante : le besoin de connexion humaine. C'est ce qui rend chaque projet unique. C'est ce qui fait que je me lève chaque matin avec l'envie de créer.
Je suis convaincu que chaque image a le pouvoir de toucher les cœurs. De raconter des histoires. De créer des souvenirs. C'est ce que je m'efforce de faire à chaque fois que je prends mon appareil photo.
Si vous avez un projet créatif à documenter,




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